Réunification ou annexion ?

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La lutte pour la « réunification » visant à englober les pays de la Loire dans la Bretagne ainsi vouée à retrouver rang de nation a longtemps été le fait d’une infime minorité d’autonomistes et d’indépendantistes allant de l’extrême droite à l’extrême gauche.

À partir du moment où le patronat ultralibéral regroupé à l’Institut de Locarn a décidé de faire de la Bretagne un nouveau « tigre celtique » destiné à bondir, libre du lourd héritage de la Révolution française,  dans l’Europe des ethnies, la « réunification » est devenue un thème obsessionnel de propagande médiatique, le Breton, supposé lésé, ne pouvant que vouloir retrouver sa partie manquante.

Cette intense propagande pose en soi problème, et ce d’autant que les véritables enjeux de la « réunification » sont dissimulés : pour les autonomistes et le tout-puissant lobby patronal de l’Institut de Locarn, le rattachement de la Loire-Atlantique (avec la ville de Nantes) est une étape nécessaire pour créer une ethnorégion autonome sur le modèle de la Catalogne, de l’Irlande et ou de la Flandre (cette dernière donnée comme exemple à suivre pour faire éclater l’État-nation aux lois sociales encore trop pesantes ).

Cependant, si les populations étaient consultées par référendum, le vote serait loin d’être acquis, d’autant que les autres départements des Pays de la Loire s’opposeraient à ce que le président du de la région Pays-de-la-Loire appelle une « annexion ».

Quelques protestations argumentées ont néanmoins pu se faire entendre çà et là…